Member Login

Lost your password?

Registration is closed

Sorry, you are not allowed to register by yourself on this site!


Trop chers, les vieux ?

On entend souvent, et on a intégré, l’idée selon laquelle le vieillissement de la population remet fortement en cause le financement de la sécurité sociale. Je pense d’ailleurs que cela contribue à faire culpabiliser une partie des personnes âgées notamment lorsqu’elles se retrouvent en situation de dépendance : on a facilement tendance à les voir comme une charge, au sens comptable du terme.

Or un rapport du HCAAM (Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, donc pas les plus mal placés pour en parler !) vient tempérer cette représentation.

En effet, le vieillissement de la population a bien un effet sur les dépenses d’assurance maladie, mais selon le rapport cela n’atteint pas, « contrairement à certaines idées reçues, des proportions exhorbitantes. » L’impact de cette évolution démographique n’a « pas le caractère d’une déferlante. »

Le rapport préconise de faire porter l’effort avant tout sur l’organisation des soins : une prise en charge plus transversale, plus centrée autour de la personne.

Deux points positifs, selon moi :

  1. Il devrait être plus difficile de s’appuyer sur le vieillissement de la population pour justifier d’éventuels reculs de la qualité et du caractère équitable de la protection sociale. En tout cas moi, je n’accepterai plus sans broncher ce genre d’argument. J’espère bien moi aussi avoir la possibilité d’être une « charge » pour la société le jour où j’en aurai besoin (et sans avoir l’impression d’être de trop, trop cher, trop encombrant).
  2. La préconisation d’une prise en charge centrée autour de la personne. Il n’est pas inutile de rappeler que la personne âgée est « personne » avant d’être « âgée » (là je ne cite pas le rapport, c’est moi qui réagis). En effet, la médecine ce n’est pas juste soigner des organes, mais bien des personnes, avec tout ce que cela implique d’humanité.

Lien vers le rapport en ligne

Juste après la rédaction de cet article, je tombe sur un article du journal La Croix qui revient sur la place des personnes âgées dans notre société au moyen-âge, au XIXème siècle et de nos jours. Je cite la conclusion :

Parce qu’elle ne « colle » pas au credo d’une société matérialiste, qui valorise la performance et la jeunesse, cette génération est mise à l’écart. C’est tout l’enjeu des projets intergénérationnels que de lui redonner une place et de la réinscrire dans la pyramide familiale.

2 Responses to “Trop chers, les vieux ?”

  1. Bernadette dit :

    Petite citation de Bernard WERBER:
    « En Afrique, on pleure la mort d’un vieillard plus que la mort d’un nouveau-né.

    Le vieillard constitue une masse d’expériences qui peuvent profiter au reste de la tribu alors que le nouveau-né, n’ayant pas vécu, n’arrive même pas à avoir conscience de sa propre mort.

    En Europe, on pleure le nouveau-né car on se dit qu’il aurait sûrement pu faire des choses fabuleuses s’il avait vécu. On porte en revanche peu d’attention à la mort du vieillard. On considère que, de toute façon, il a déjà profité de la vie. »

  2. Verschelde Myriam dit :

    Je lis ton article ce soir, après une journée plus difficile, je ne suis pas encore « vieille » mais « il y a des jours où c’est lourd d’être handicapée et de faire peser cela sur son entourage »
    Cela me réconforte.

Leave a Reply